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Ludivine comme Edith est le premier roman de Sylvain Gillet, qui a été , entre autres, comédien, scénariste ou réalisateur. Et c'est justement dans le milieu du cinéma que ce déroule l'intrigue de son livre tout juste paru aux éditions Thot

Roberte Choussepard, belle enfant de banlieue et apprentie comédienne, a choisi Edith Lumière comme nom de scène. Edith comme Piaf et Lumière comme les frères. Son parcours est celui d'une météorite : à peine son premier rôle important obtenu que le jeune femme est retrouvée morte au volant de sa voiture. Son décès ne fait que quelques lignes (et une photo) dans un journal local. Mais c'est suffusant pour attirer l'oeil d'Abel Diaz, 42 ans, bluesman porté sur la bouteille et détective à ses heures perdues. Il s'engage sur les routes de France et les chemins tortueux du 7ème art pour y voir plus clair dans cet "accident" un peu trop louche à son goût. Et si la jolie Roberte/Edith avait été assassinée? Dans les basses sphères du cinéma, peut-on aller jusqu'au meurtre pour avoir son nom au générique ?

Black'n'blues

Ludivine comme Edith commence avec violence. Une scène très visuelle de sexe et de drogue au parfum morbide. Une noirceur qui suivra le lecteur tout au long de l'enquête d'Abel Diaz. Le glauque et les coups bas sont à chaque page, à chaque coin de France parcourue. Et l'âme du protagoniste n'est pas épargnée. La Chose rôde. Si la musqiue est bleue, les pensées sont noires. Et elles peuvent l'entraîner bien plus loin que le fond des bouteilles qu'il descend.

Abel Diaz est un personnage très vivant et attachant. C'est à la fois un monsieur tout le monde et un héros. Un type qui ose, mais en aucun cas un héros inaccessible. Tout à fait à l'image du roman, que son auteur a bien ancré dans la réalité.

Thriller de Province

Ludivine Comme Edith est une sorte de road-trip du pauvre ou la route 66 à fait place au routes départementales bodées de champs . Et Abel, héros solitaire, ne conduit pas une cadillac mais une vieille Clio, qui ne lui appartient même pas. C'est un Clint Eastwood franchouillard des temps modernes. Il sillonne les paysages plats du gâtinais sur lesquels le lecteur va croiser des réalisateurs ambitieux, des comédiens jaloux et des producteurs peu scupuleux. Le roman est très visuel et on devine bien le scénariste derrière le romancier. Le style est très figuratif, pas toujours poétique et golbalement efficace. J'ai tourné les pages sans me lasser, me disant que ça pourrait faire un bon film. Ou un bon téléfilm peut-être.

En Bref

La note : 16/20. Halletant mais si vous aimez les subtilités de style, passez votre chemin.